Facebook prêt à s’auto-censurer pour revenir en Chine ?

La firme de Mark Zuckerberg développerait en interne un outil permettant d’empêcher l’apparition de certains contenus sur les pages de certains utilisateurs en fonction de leur localisation. Ce système d’auto-censure, susceptible permettre à Facebook de se réimplanter en Chine, où son accès est bloqué depuis 2009, montre que, pour le géant du Web, la liberté d’expression ne pèse pas lourd face aux perspectives de profit.

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Source : Facebook prêt à s’auto-censurer pour séduire la Chine

Quand la Chine envisage d’utiliser le Big Data pour noter les citoyens… et sanctionner les « déviants »

Le gouvernement chinois aurait prévu de mettre en place en 2020 un « Système de crédit social », qui utiliserait le Big Data pour attribuer une note globale de citoyenneté à chaque individu. Et gare à ceux considérés comme de « mauvais » citoyens : ils seront sanctionnés !

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Source : Chine : le Big Data pour noter les citoyens… et sanctionner les déviants

Quand la Chine s’éveillera

ITespresso.fr ouvre la porte à un nouveau contributeur externe multi-casquette : Sébastien Crozier (expert télécoms-TIC, conseiller prud’homal, syndicaliste…). Découvrez sa plume incisive et son regard décalé de l’actu.

Après avoir envahi le monde des équipementiers dans le domaine des télécoms, c’est au tour des opérateurs de téléphonie d’être le nouveau champ de conquête des acteurs chinois.

Si l’investissement de ZTE dans Congo China Télécom s’est fait avant tout en équipement maison, il est difficile de considérer que l’opérateur congolais a connu un succès commercial foudroyant.

ZTE est en train de négocier la reprise de sa participation majoritaire à Orange.

Pour autant, il y a quelques semaines, China Télécom, le plus grand opérateur mobile chinois, a annoncé son intention de lancer des MVNO dans toute l’Europe à l’attention des communautés chinoises mais aussi des touristes chinois.

Le roaming reste une niche où la marge est importante pour les opérateurs.

C’est en Grande-Bretagne juste avant les des jeux olympiques de 2012, que l’opérateur compte lancer ses premières offres pour pouvoir surfer sur la vague de médailles remportées par les compétiteurs chinois.

Il vise le demi-million de Chinois vivant en Angleterre et entend lui offrir l’accès à des contenus en chinois.

Il se murmure que l’opérateur hôte serait Everything Everywhere, la filiale commune entre Orange et T-mobile…

Ce n’est pas la première excursion de l’opérateur China Télécom à l’extérieur. Il est déjà présent au Japon, au Canada, au Vietnam et en Indonésie, soit au travers de licences de téléphonie ou de bureaux de représentation, avant tout dans des pays où la communauté chinoise est d’importance.

China Télécom dispose depuis 2006 d’une  infrastructure en Europe solidement  reliée à l’Asie par différentes routes passant soit par le Kazakhstan ou par Dubai… Il a annoncé sa volonté de grossir par croissance externe.

A l’heure du développement de la data mobile, on imagine déjà les synergies possibles avec des offres de MVNO dans tous les pays d’Europe où il existe une communauté chinoise.

Il est certain qu’une offre de MVNO de China Télécom ne peut être que le prélude à des acquisitions ciblées qui feront de China Télécom un acteur majeur de télécoms européens de demain.

Face à ses centaines de millions de clients et à la puissance financière qui en résulte, comment sera-t-il possible aux nains que sont nos 140 opérateurs européens de résister à China Télécom ?

La question n’est plus de savoir « quand la Chine s’éveillera », mais quand nos opérateurs européens, eux, se réveilleront ?

Chine: le sous-traitant Foxconn atteint le million d’employés

Fabricant d’iPad et d’iPhone pour Apple, de Kinect pour Microsoft, d’ordinateurs pour Dell, HP et d’autres encore, le plus gros sous-traitant du monde a une croissance fulgurante, appuyée sur des conditions de travail implacables.

Premier employeur chinois, Foxconn s’était retrouvé sous les feux de l’actualité au printemps dernier lorsqu’une vague de suicides a mis en cause les conditions de travail chez ce géant de la sous-traitance.

Foxconn au salon high-tech de Shenzhen, photo de Bert van Dijk (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

L’entreprise avait annoncé en août qu’elle allait recruter 400.000 salariés supplémentaires d’ici fin 2011, et selon plusieurs sources de presse ces jours-ci, Foxconn a déjà dépassé un effectif total d’un million, loin devant tous les autres employeurs du secteur high-tech.

L’entreprise connaît une croissance énorme (son chiffre d’affaires a grimpé de 50% au premier semestre), lié aux commandes de ses clients qui lui font fabriquer l’iPad, des smartphones (iPhone notamment), des consoles et équipements de jeu (Wii, PS3, Kinect…), des e-books (le Kindle d’Amazon), des ordinateurs…

Cette croissance se bâtit sur une exploitation en règle de ses effectifs, décrite en octobre par une étude d’universités chinoises menée sous la direction de l’ONG Sacom (Students & Scholars Against Corporate Misbehavior), résumée en français par Novethic: on y décrit des «camps de travail à la culture militarisée».

Sont pointés les salaires trop faibles (augmentés fortement en novembre pour passer à 3200-3500 yuans par mois (366 à 400 euros), la durée du travail (elle peut aller chez Foxconn jusqu’à 80 heures par semaine), un management de brimades et de punitions, etc.

A voir aussi sur la Chine, un article du Point, «La Chine à la conquête des télécommunications», qui dresse le tableau de la progression chinoise dans ce domaine, aussi bien avec les équipements (Huawei et ZTE) que les supercalculateurs.

A lire aussi

Vague de suicides chez Foxconn, sous-traitant chinois – 30 mai 2010

Clés 3G: la Commission européenne enquête sur un éventuel dumping chinois

A la suite d’une plainte de la société belge Option, la Commission européenne a ouvert fin juin une enquête sur un éventuel dumping sur les clés et modems 3G des fabricants chinois Huawei et ZTE, géants du secteur, avec 50% et 40% environ de parts de marché mondial, ont rapporté récemment Les Echos (article payant).

Clé 3GPhoto par incurable hippie (Flickr), sous licence CC by-nc

«La Chine a exporté en 2009 environ 25 millions de modems sans fil pour un chiffre d’affaires de 1,25  milliard d’euros. Selon Bruxelles, les modems chinois ont représenté 90 % des importations européennes», indique le quotidien économique. Option estime qu’ils sont vendus moins cher à l’international, et parfois même sous leur prix de revient.

«A tel point que la part de marché d’Option en Europe est tombée de plus de 50% en 2006 à moins de 5%. Entre temps, le marché européen a été multiplié par douze.» La Commission a décidé fin juin d’ouvrir une enquête, laquelle pourrait durer 15 mois et aboutir à un relèvement des droits de douane sur les importations concernées pendant au plus cinq ans.

Option, qui a dû réduire ses effectifs de plus de 700 personnes en 2007 à moins de 280, a enregistré en 2009 une perte nette de 53 millions d’euros et est menacé de disparition, soulignent Les Echos. La compagnie belge a déposé dernièrement une seconde plainte, cette fois pour subventions illégales, que Bruxelles examine.

Après Microsoft, Intel, IBM ou encore Apple, la Commission passe ici d’entreprises américaines à deux chinoises, illustrant l’émergence de cet autre géant économique et technologique… lui-même face à d’autres puissances montantes, comme l’Inde, qui en août a levé un blocus de huit mois à l’encontre des équipementiers chinois, ZTE et Huawei, ainsi que de Nokia, auxquels ce pays a demandé notamment l’accès à des codes sources.

Cinq milliards d’abonnements au téléphone mobile

Nous serons sept milliards d’humains en 2011 (12 ans après le cap des six milliards en 1999), mais nous venons en ce mois de juillet de franchir un autre palier en milliards, celui des cinq milliards d’abonnements au téléphone mobile, selon une estimation que vient de publier Ericsson.

Le constructeur de réseaux de téléphonie mobile évalue le rythme à deux millions d’abonnements mobiles supplémentaires par jour, et estime que sur ces cinq milliards d’abonnements, plus de 500 millions (soit 10%) sont des abonnements 3G.

Foule avec téléphones mobilesPhoto de megadem (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

Cette croissance rapide du marché de la téléphonie mobile tient largement à des marchés émergents comme l’Inde et la Chine, indique Ericsson. En 2000, on comptait 720 millions d’abonnements mobiles dans le monde, soit moins que le nombre que l’on compte maintenant dans la seule Chine – le pays compterait près de 800 millions d’abonnés mobiles et 380 millions d’internautes.

Les abonnements Internet par téléphone portable croissent à la même vitesse, et devraient atteindre 3,4 milliards d’ici 2015, selon Ericsson, contre 360 millions en 2009.

Les abonnements mobiles sont une nécessité pour certains, estime le constructeur, qui cite les gens qui n’ont pas accès à une banque pour transférer de l’argent, les pêcheurs et les fermiers pour être alertés d’un changement météo brusque, les villageois pour avoir des soins médicaux…

Dans les pays développés, “les appareils connectés, plus que les personnes, mènent l’augmentation du trafic réseau”. Le constructeur rappelle qu’en décembre 2009, un autre tournant majeur a été atteint, lorsque le trafic données a dépassé le trafic voix. La montée des communications M2M, Machine-to-Machine, sera une composante clé de la future croissance de l’industrie des télécoms mobiles, prévoit Ericsson.

Vague de suicides chez Foxconn, sous-traitant chinois

Foxconn Technology (alias Hon Hai Precision Industry, indique l’AFP), sous-traitant d’Apple, Nokia, Sony, et bien d’autres entreprises high-tech, a connu une dizaine de suicides, de sources officielles en Chine.

Ces drames sont liés aux cadences et au stress imposés à ces employés qui fabriquent entre autres des iPhone et des PC (HP, Dell…), six jours sur sept et 12 heures par jour pour 900 yuans (105 euros) par mois.

Vendredi, la direction de Foxconn s’est engagée à augmenter les salaires de 20%, sans date précise, et a recruté «2.000 personnes pour assurer la sécurité et le suivi psychologique des employés», rapporte ZDNet.

D’autres mesures ont été prises chez Foxconn, comme la pose de filets anti-défenestration, ou dans un genre particulièrement douteux la demande aux salariés de signer un engagement de ne pas se suicider. La médiatisation de ces morts a aussi amené les donneurs d’ordre à réagir. Nokia et Sony ont annoncé vendredi examiner les conditions de travail chez leur fournisseur.

“L’unité de base ici, c’est le dortoir”

Le correspondant en Chine du Monde décrit le site de Longhua, où vivent et travaillent pour Foxconn 300.000 employés. Propos rapportés d’un porte-parole, “Notre usine, c’est à la fois une ville et une usine, mais l’unité de base ici, c’est le dortoir et pas la famille”.

Le Monde indique que «dénonçant la “crise grave du mode de croissance de l’atelier du monde” que révèle la tragédie de Foxconn, neuf sociologues chinois de renom ont appelé le gouvernement, dans une lettre ouverte, à “mettre immédiatement fin à ce modèle de développement qui sacrifie la dignité fondamentale des gens”. Ils enjoignent les entreprises à “faire un effort de conscience pour améliorer la paie et les droits des travailleurs migrants, afin d’en faire de vrais citoyens de l’entreprise.”

Selon Geoffrey Crothall, porte-parole de l’ONG China Labor Bulletin à Hongkong, il faudrait au moins 50% d’augmentation des salaires de base pour permettre aux ouvriers de vivre dans les villes. La crise chez Foxconn est aussi celle du blocage des revendications salariales dans un système sans syndicat indépendant ni intermédiation.”

Une grève, interdite, chez Honda

“Un nouvel incident le confirme: la paralysie totale des usines chinoises de Honda, à la suite d’une grève des ouvriers de son équipementier à Foshan (Guangdong) déclenchée le 24 mai. C’est la première fois qu’un constructeur automobile est confronté à un débrayage organisé, interdit en Chine. Les ouvriers veulent que les salaires passent de 1 000-1 500 yuans à 2 000-2 500 yuans…»

Enfin, parmi les nombreux articles et commentaires sur Foxconn, signalons ce billet sur un blog américain, qui fait un lien entre les suicides du géant chinois et de France Télécom, en se demandant si c’est là “le coût humain de la bande passante bon marché et des gadgets”.

Vague de suicides chez Foxconn, sous-traitant chinois

Foxconn Technology (alias Hon Hai Precision Industry, indique l’AFP),

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iPQZHz98r5coT5sRNYZZmetAwGhQ

sous-traitant d’Apple, Nokia, Sony, et bien d’autres entreprises, a connu une dizaine de suicides, de sources officielles en Chine.

Ces drames sont liés aux cadences et au stress imposés à ces employés qui fabriquent entre autres des iPhone et des PC (HP, Dell…), six jours sur sept et 12 heures par jour pour 900 yuans (105 euros) par mois Vendredi, la direction de Foxconn s’est engagée à augmenter les salaires de 20%, sans date précise, et a recruté «2.000 personnes pour assurer la sécurité et le suivi psychologique des employés», rapporte ZDNet.

http://www.zdnet.fr/actualites/suicides-le-sous-traitant-chinois-foxconn-promet-des-augmentations-de-salaires-39752001.htm

D’autres mesures ont été prises chez Foxconn, comme la pose de filets anti-défenestration, ou dans un genre particulièrement douteux la demande aux salariés de signer un engagement de ne pas se suicider.

La médiatisation de ces morts a amené les donneurs d’ordre à réagir. Nokia et Sony ont annoncé vendredi examiner les conditions de travail chez leur fournisseur.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iPQZHz98r5coT5sRNYZZmetAwGhQ

Le correspondant en Chine du Monde décrit le site de Longhua, où vivent et travaillent pour Foxconn 300.000 employés.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/28/la-serie-de-suicides-chez-foxconn-revele-les-fragilites-de-l-hypercroissance-chinoise_1364395_3234.html

Propos rapportés d’un porte-parole, “Notre usine, c’est à la fois une ville et une usine, mais l’unité de base ici, c’est le dortoir et pas la famille”.

Le Monde indique que « dénonçant la “crise grave du mode de croissance de l’atelier du monde” que révèle la tragédie de Foxconn, neuf sociologues chinois de renom ont appelé le gouvernement, dans une lettre ouverte, à “mettre immédiatement fin à ce modèle de développement qui sacrifie la dignité fondamentale des gens”. Ils enjoignent les entreprises à “faire un effort de conscience pour améliorer la paie et les droits des travailleurs migrants, afin d’en faire de vrais citoyens de l’entreprise.”

Selon Geoffrey Crothall, porte-parole de l’ONG China Labor Bulletin à Hongkong, il faudrait au moins 50 % d’augmentation des salaires de base pour permettre aux ouvriers de vivre dans les villes. La crise chez Foxconn est aussi celle du blocage des revendications salariales dans un système sans syndicat indépendant ni intermédiation.

Un nouvel incident le confirme : la paralysie totale des usines chinoises de Honda, à la suite d’une grève des ouvriers de son équipementier à Foshan (Guangdong) déclenchée le 24 mai. C’est la première fois qu’un constructeur automobile est confronté à un débrayage organisé, interdit en Chine. Les ouvriers veulent que les salaires passent de 1 000-1 500 yuans à 2 000-2 500 yuans… »

Enfin, parmi les nombreux articles et commentaires sur Foxconn, signalons ce billet sur un blog américain, qui fait un lien entre les suicides du géant chinois et de France Télécom, en se demandant si c’est là le coût humain de la bande passante bon marché et des gadgets ».

http://www.zdnet.com/blog/foremski/46-suicides-at-france-telecom-9-at-foxconn-the-human-cost-of-cheap-bandwidth-and-gadgets/1354

Un rapport de l’Onu prévoit une énorme croissance des déchets électroniques

Actu express: chaque année, nous produisons 40 millions de tonnes supplémentaires de déchets électroniques, provenant des téléphones, téléviseurs, ordinateurs et appareils divers. L’Onu vient de publier un rapport, portant sur 11 pays, qui prévoit que cette marée d’e-déchets va fortement progresser: +500% en Inde entre 2007 et 2020, +200 à 400% en Chine et en Afrique du Sud.

Déchets électroniques à GuiyuDéchets électroniques à Guiyu, en Chine, qui passe pour le plus grand site mondial de stockage d’e-déchets. Image Bert van Dijk (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

La téléphonie mobile devrait produire sept fois plus de déchets en 2020 qu’en 2007 en Chine, dix-huit fois plus en Inde. En outre, la proportion de déchets de téléviseurs devrait doubler dans ces deux pays et celle des réfrigérateurs pourrait tripler en Inde.

L’étude invite en urgence à mettre en place des recyclages pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et récupérer d’importantes quantités de métaux, comme l’argent, l’or, le palladium, le cuivre ou l’indium. “Le Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc et l’Afrique du Sud ont le plus grand potentiel pour établir des technologies de pointe en matière de recyclage”, selon le rapport.

Communiqué du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE): Il faut préparer les pays en développement à gérer l’explosion des déchets électroniques

Communiqué en anglais (avec lien sur le rapport)

Rapport Recycling – from E – Waste to Resources (PDF, 120 pages)

Les équipementiers occidentaux contre le protectionnisme chinois

Revue de presse: dans Les Echos de vendredi dernier (12 février),  un article titré “Les équipementiers occidentaux vent debout contre les chinois” (article payant) annonce qu'”une nouvelle réglementation chinoise protectionniste pourrait nuire à Ericsson, Nokia Siemens Networks et Alcatel-Lucent. Ces derniers demandent aux pouvoirs publics européens de leur permettre de jouer ‘à égalité’.”

Alors que des équipementiers chinois remportent des contrats en Europe, comme Huawei, sélectionné fin 2009 “par SFR et Bouygues Telecom pour étendre leur couverture 3G, et par Telenor et Tele2 en Suède, en 4G”, une nouvelle réglementation chinoise, dévoilée en novembre, “crée un catalogue de produits informatiques et de télécommunications que l’administration est autorisée à acheter. Seuls y sont admis les équipements dont les marques et brevets ont été déposés initialement en Chine et sont détenus par une entité chinoise.”

“‘Il faudrait que nous puissions jouer avec les mêmes règles pour tout le monde’, a expliqué hier Rajeev Suri, le patron de NSN. Il n’envisage pas de porter plainte, mais soutient la pétition envoyée au début de l’année par la Fédération européenne des métallurgistes et les comités d’entreprise européens de fournisseurs de matériel téléphonique: ‘La Commission européenne devrait soutenir l’existence d’une R&D européenne. Nous n’aimerions pas devoir restructurer en Europe pour créer des centres de R&D “low cost” ailleurs’, a-t-il menacé.”

“Corriger les conditions dissymétriques de marché”

Les Echos observent que “dans leur pétition, les syndicalistes mettent le doigt sur les questions qui fâchent. L’année dernière, Alcatel-Lucent a supprimé 3.000 emplois en Europe; Ericsson 950; NSN de 5.000 à 6.000 dans le monde. Alors même que Huawei n’a pas encore réussi à pénétrer aux Etats-Unis (sa tentative de rachat de 3Com avait été bloquée au plus haut niveau), ils jugent le Vieux Continent démuni: ‘L’Europe est le seul marché de télécoms ouvert dans le monde. […] De plus le gouvernement chinois soutient ses champions nationaux par la mise en oeuvre de normes techniques et grâce au pouvoir d’achat des opérateurs contrôlés par l’Etat.’

(…) Ils demandent donc que les 18 millions d’euros alloués fin 2009 à la R&D dans le haut débit mobile aillent en priorité aux entreprises qui recrutent en Europe. Ils réclament des normes européennes sur le haut débit sans fil, la télévision sur mobile ou les technologies du Web 2.0, et un objectif de couverture haut débit de l’Union à 100%. Bruxelles doit instaurer des règles permettant de «corriger les conditions dissymétriques de marché quand les lois internationales ne s’appliquent pas», par exemple le droit du travail. Dans une Europe qui n’a rien d’une forteresse, seule la ‘vertu’ sociale et écologique pourra servir de rempart aux industriels.”

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Mobilisation des salariés d’Alcatel: l’Arcep interpellée – 11 novembre 2009

Capgemini emploie désormais plus d’Indiens que de Français – 21 octobre 2009

Les équipementiers aussi peuvent mourir – 26 juin 2009

Licenciements: quand la violence sociale amène des ripostes désespérées

La montée des licenciements, et surtout l’absence d’avenir social qui pèse sur les futurs licenciés, s’accompagne de plus en plus régulièrement de menaces de destruction – on n’en est cependant pas au degré de violence physique récemment observé en Chine, où un cadre a été lynché à mort par les ouvriers de l’usine sidérurgique auxquels il annonçait une vague de licenciements.

Bonbonnes de gaz
Bonbonnes de gaz

Image _boris (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

Menaces de faire exploser une usine: la moitié des Français comprennent sans approuver

Le 31 juillet, les salariés de l’équipementier automobile New Fabris ont accepté la prime de départ de 12.000 euros qui leur était proposée, et ont abandonné leur menace de faire exploser leur entreprise, à Châtellerault (Vienne). Quelques jours plus tôt, leur stratégie « de la bonbonne de gaz » avait été reprise par des salariés de Nortel, à Châteaufort (Yvelines), qui y ont trouvé de guerre lasse le moyen de capter enfin l’attention des médias et du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, alors que leur grève depuis le 6 juillet passait inaperçue.

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Les équipementiers aussi peuvent mourir

Le groupe canadien Nortel Networks vient d‘annoncer la vente, pour 650 millions de dollars, de sa branche réseaux mobiles à Nokia Siemens Networks. L’équipementier finlandais se félicite de son côté de cette acquisition qui le positionnera parmi les premiers fournisseurs d’infrastructures sans fil en Amérique du Nord.

Nokia Siemens reprend ainsi à Nortel la technologie CDMA, très employée en Asie et en Amérique du Nord, et la technologie LTE, destinée à la prochaine génération de téléphonie mobile.

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Image craig1black (Flickr) sous licence CC by-nc

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