Triple play, une nouvelle guerre des prix

Alice, une des marques d’Iliad, renchérit sur Numericable en proposant Internet, téléphone et bouquet de chaînes pour 19,99 euros par mois.

Téléphone et Internet
Téléphone et Internet

Image mag3737 (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

Escalade des offres: après Numericable, qui en septembre avait annoncé une future offre Internet-téléphone (double play) à 19,90 euros mensuels, Alice (groupe Iliad) vient de proposer pour 19,99 euros une offre triple play: le FAI ajoute à Internet et au téléphone un bouquet de 60 chaînes télé basse définition (son forfait à 29,90 euros en comprend 160).

Iliad frappe ainsi un grand coup pour enrayer la chute des abonnements chez Alice, qui au 3e trimestre a perdu 51.000 abonnés, et 105.000 depuis le début de l’année, observait ZDNet le mois dernier. En 2008, Iliad l’avait rachetée avec 850.000 abonnés, et a déclaré vouloir maintenir la marque.

Les Échos relèvent que «le problème d’Iliad, maintenant, va être d’éviter de cannibaliser son forfait Free à 29,99 euros pour ne pas faire fondre ses marges. Même si les coûts sont réduits à l’extrême (une seule box), et que l’abonné paie des frais d’ouverture et de fermeture de ligne et est captif pour un an…, le revenu moyen par utilisateur, actuellement de 36 euros par mois, va chuter. Et le navire amiral Free sera mis à l’épreuve. En effet, l’offre Alice à 19,99 euros est théoriquement accessible aux seuls nouveaux abonnés, mais les transfuges de Free sont considérés comme des “nouveaux” clients!»

France Télécom ne pourra pas rivaliser avec ce type d’offre low-cost (le triple play classique est à 34,90 euros chez Orange), sous peine, en tant qu’opérateur «dominant» de risquer une sanction des autorités de la concurrence pour «prix prédateurs», comme il l’a été en 2007 pour Wanadoo (décision de la Commission européenne confirmée en avril dernier en appel par la Cour européenne de justice).

La régulation distingue entre marché de détail et marché de gros: pour le détail, le régulateur doit s’assurer qu’il n’y ait pas de prédation tarifaire qui vise à déstabiliser le marché en empêchant les concurrents de riposter. Le régulateur prend en compte entre autres la puissance de distribution et s’assure que le marché soit concurrentiel. Sur le marché de gros, où France Télécom a une position quasi monopolistique sur la boucle locale fixe et la terminaison d’appel, les prix sont régulés sur le dégroupage, où ils doivent être orientés vers les coûts.

Les positions sont cependant loin d’être figées. On vient encore de le voir la semaine passée avec l’annonce de l’accord Bouygues Télécom – Numericable, grâce auquel le premier va commercialiser ses services via la fibre optique du second.

Mais, comme on peut le voir, la concurrence « pure et parfaite », Saint Graal des régulateurs de tous poils, reste une illusion sur un marché dominé par une infrastructure unique, celle du réseau de cuivre. Ne serait-il pas temps de revoir le dogme en fonction de la réalité, et de prendre en compte un juste équilibre entre intérêt des consommateurs et maintien de l’emploi?

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