Flexibilité du travail : quand les discours des économistes s’opposent

Voilà les interviews de trois économistes qui portent chacun un regard très différent sur l’impact d’un renforcement de la flexibilité du travail sous l’effet des modifications à venir du Code du travail.

Gilbert Cette, professeur d’économie associé à l’Université d’Aix-Marseille, estime que plus de flexibilité engendrera plus de créations d’emplois.

Anne Eydoux, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail et maîtresse de conférences au CNAM, affirme que la flexibilité du travail n’améliorera pas la compétitivité des entreprises.

Enfin, Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, explique comment la dégradation de la qualité de l’emploi fait baisser la productivité.

GAFA : quand l’entreprise devient une « ville dans la ville »

Les géants de la tech rivalisent d’inventivité pour transformer leurs sièges sociaux en « villes dans la ville », ultramodernes et dotées de toutes les infrastructures d’une cité. L’objectif : stimuler l’innovation en créant les meilleures conditions de travail pour les employés… quitte à totalement casser les frontières entre vie professionnelle et vie privée.

Source : Google, Facebook, Apple : quand l’entreprise devient une véritable « ville dans la ville »

Quels contours pour la future réforme du Code du travail ?

En milieu de semaine dernière, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a présenté le projet de réforme du Code du travail au Conseil des ministres, puis à la presse.

Parmi les surprises qui s’y sont glissées, c’est le CDI de projet, cher au Medef, qui a fait le plus parler, notamment condamné par François Hommeril, le président de la CFE-CGC.

Sources :
« Il y a une continuité entre la loi El Khomri et la réforme Macron du code du travail »
Réforme du code du travail : le « CDI de projet » est-il une arnaque?
Projet d’extension du contrat de chantier : « un scandale » pour la CFE-CGC

« Flexibilisation du travail ou transition écologique, il faut choisir ! »

Co-directrice de l’institut Veblen (qui se fixe pour mission de « faire de la transition écologique un projet de société »), Aurore Lalucq nous livre ici une chronique fort stimulante.

La volonté du gouvernement de flexibiliser les emplois amènera à une précarisation des conditions de travail qui va irrémédiablement à l’encontre de la transition écologique.

Source : Flexibilisation du travail ou transition écologique, il faut choisir !

Les jeunes face aux transformations du monde du travail

Si la plupart des études portant sur le rapport des jeunes au travail dressent souvent un portrait assez monolithique, ce n’est pas le cas de l’étude « Les jeunes de 18 à 30 ans face à un travail en mutation », réalisé par Viavoice pour Manpower Group, en partenariat avec Les Echos Start. Dressant une typologie en quatre groupes, elle montre une génération partagée sur ses aspirations et ambitions face aux transformations du monde du travail.

Source : Nouvelle étude : « Les jeunes de 18 à 30 ans face à un travail en mutation »

Emplois : vers une automatisation totale sous 120 ans ?

Pour cette étude, une équipe de chercheurs du Future of Humanity Institute d’Oxford a sondé plusieurs centaines d’experts du machine learning et utilisé leurs réponses pour calculer le nombre d’années qu’il faudrait pour que l’intelligence artificielle (IA) dépasse les capacités humaines sur diverses tâches.

Selon eux, les chauffeurs-routiers seront « dépassés » sous 10 ans, les vendeurs sous 15 ans, les chirurgiens sous 35 ans. Et dans l’ensemble, les répondants pensent qu’il y a 50% de chances pour que l’IA supplante les humains dans toutes les tâches sous 45 ans, et permette une automatisation de tous les emplois sous 120 ans.

Source : Les experts de l’IA prédisent la disparition de nombreux emplois

La réforme du travail est-elle urgente ou dangereuse ?

Source : La réforme du travail est-elle urgente ou dangereuse ? | Alternatives Economiques

Négociations d’entreprise, indemnités prud’homales, assurance chômage…, les avis divergent sur l’intérêt des réformes du marché du travail envisagées par Emmanuel Macron. Débat entre Anne Eydoux, économiste, chercheuse au Centre d’étude de l’emploi et du travail et maîtresse de conférence au Cnam, et Gilbert Cette, professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille.

Les salariés français victimes de « réunionite aiguë »

Ce n’est pas vraiment une surprise, mais cette étude réalisée par OpinionWay pour le cabinet Empreinte Humaine vient le confirmer : les salariés français passent en moyenne 4h30 par semaine en réunion, soit 3 semaines par an et plus de 6 pour les cadres ! Mais à peine plus de la moitié de ces réunions sont considérées comme productives…

Source : Les salariés français victimes de « réunionite aiguë »

De la religion en entreprise

Un dossier en deux volets sur ce thème « casse-gueule » (sic) qui engendre « le malaise des syndicats » (re-sic).

Autre son de cloche à la CFE-CGC (cadres) qui a, notamment, mis les pieds dans le plat chez Orange en dénonçant, l’été dernier, une dérive des « ASA », ces autorisations spéciales d’absence (héritées du passé public du groupe de télécoms) qui peuvent être accordées pour les fêtes juives, musulmanes, orthodoxes et boudhistes. L’inflation des demandes devenait ingérable, au point de pourrir l’ambiance sur certains sites, expliquait alors Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d’Orange, d’autant qu’elle s’accompagnait parfois « de pressions des plus fervents sur leurs coreligionnaires moins pratiquants ». La CFE-CGC a proposé que ces 3 jours de congés annuels soient désormais prélevés sur le stock de RTT, et perdent leur référence religieuse. Même si la direction n’a pas donné suite, une telle prise de position publique sur ce thème reste rare de la part d’un syndicat.

Sources :
La religion en entreprise : la question « casse-gueule » qui monte
Revendications religieuses au travail : le malaise des syndicats

Robots : vers la fin du travail ?

A travers ce document de travail, Gilles Saint-Paul, économiste français spécialisé dans l’étude du marché du travail, fait entendre sa voix sur l’une des questions les plus débattues du moment. En voici le résumé :

L’histoire économique nous enseigne que si le progrès technique ne profite pas à tous les travailleurs lorsqu’il apparaît, à long terme il est le facteur principal de la hausse extraordinaire des salaires et du niveau de vie que l’économie mondiale a connue depuis la révolution industrielle. Pourtant, les progrès de la robotique pourraient bien remettre en question cet optimisme et donner raison aux cassandre qui prophétisaient la fin du travail. En effet, le champ de ces technologies ne cesse de progresser, au point où la totalité des tâches effectuées par les humains seraient robotisables. Si c’est le cas, l’économie et la société en seraient profondément transformés. On considère cinq scénarios. Dans trois d’entre eux, une classe humaine quasi-oisive se maintient grâce à destransferts prélevés sur la production effectuée par les robots. Ces transferts peuvent s’effectuer à travers l’Etat-Providence, le clientélisme d’une oligarchie possédant les robots, ou le maintien néo-fordiste d’emplois tertiaires dont la fonction essentielle serait le versement d’un salaire qui permettrait le maintien du pouvoir d’achat. En l’absence de mécanismes redistributifs, on envisage deux autres scénarios. Selon le scénario malthusien, le salaire tombe au niveau du salaire de subsistance et la population humaine diminue, ne laissant subsister qu’une classe de rentiers vivant de la possession de robots. Selon le scénario virtuel, le salaire de subsistance lui-même baisse considérablement sous l’effet des nouvelles technologies : la population se maintient en dépit des baisses de salaire.

Source : Robots : vers la fin du travail ?

Réforme du Code du travail : priorité à la concertation ?

En début de semaine, le Premier ministre, Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont envoyé aux partenaires sociaux un « programme de travail » pour réformer le Code du travail. Et pour éviter de connaître les difficultés qui ont marqué la mise en œuvre de la Loi travail par le précédent gouvernement, l’exécutif mise sur la concertation avec les organisations syndicales et patronales.

Prudent dans sa réaction face à un projet aux contours encore assez flous, François Hommeril, le président de la CFE-CGC, estime que « c’est au résultat qu’on devra juger ».

Sources :
Code du travail : comment le gouvernement veut éviter l’incendie
Réforme du Code du travail : la CFE-CGC prévient que c’est « au résultat qu’on devra juger »

La Maif se dote d’une charte pour « un numérique humain et éthique »

Certes, d’autres  groupes se sont déjà dotés de documents similaires, mais les engagements autour de la thématique « placer les technologies numériques au service de l’homme » sont suffisamment neufs et intéressants pour qu’on les mentionne.

La révolution numérique que nous vivons comporte un certain nombre de risques, au regard des libertés individuelles (usages des données, utilisation de l’intelligence artificielle), mais aussi en termes de coûts sociaux, avec des possibles destructions d’emplois. Nous voulons affirmer que notre conception de la transformation digitale n’ira pas à l’encontre des valeurs fondamentales que porte la Maif.

Source : La Maif se dote d’une charte pour « un numérique humain et éthique »

Inégalités : un rapport pointe la face noire du marché du travail

« La montée des inégalités fait peser une menace croissante sur la cohésion du pays. » Dans la première édition de son rapport , publiée en 2015, l’Observatoire des inégalités mettait en avant la « très nette corrélation » entre cette tendance, lourde de conséquences pour les valeurs de la République comme pour la performance économique, et les orientations de politiques publiques.

Source : Inégalités : un rapport pointe la face noire du marché du travail

Code du travail : l’accord d’entreprise doit-il primer ?

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron et son premier ministre rencontrent les partenaires sociaux pour préparer le terrain à une réforme du Code du travail. L’axe majeur de leur projet serait le renforcement de la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche et les dispositions législatives. Les défenseurs de cette inversion de la hiérarchie des normes considèrent qu’une telle souplesse est nécessaire pour mieux répondre aux besoins des entreprises, et donc pour développer l’emploi. Ses opposants y voient au contraire une façon de fragiliser les salariés en favorisant le dumping social.

Gilbert Cette, économiste français spécialisé dans l’étude du marché du travail, des temps de travail et de la productivité, et Emmanuel Dockès, professeur en droit du travail, débattent de de cette question.