Free mobile : Xavier Niel prend-il tous les Français pour des c… ?

Selon une étude du cabinet GFK, et sur la base de l’offre décrite par Xavier Niel devant les médias, 8 Français sur 10 ont l’intention, à court ou moyen terme, de souscrire à l’offre de téléphonie mobile de Free.

Mais comment s’y prend Free pour monter son offre illimitée à 19,99 € / mois (15,99 € pour les abonnés ADSL Free) et son forfait 60 minutes / 60 SMS pour 2 € / mois (0 pour les abonnés ADSL Free) ?

Quelles seront les incidences cette nouvelle offre sur le marché des télécommunications en France ? Et que se passera-t-il si les Français interrogés confirment par des actes leurs intentions de basculer chez Free mobile ?

Licences 4G : irresponsabilité sociale et citoyenne !

Monsieur Besson, Ministre chargé de l’Économie numérique qui supervise le marché des télécommunications français, a signé le décret de lancement d’appel à candidature pour les licences de téléphonie mobile 4G[1].

L’État français entend racketter les opérateurs de plus de 2,5 milliards d’euros… Avec 17 taxes et 9 redevances, le secteur des télécoms est devenu une véritable vache à lait pour l’État français.

L’Arcep avait publié le 16 mai ses projets de décision[2] soumis au Ministre. Ils sont édifiants. La question de l’emploi n’est pas une seule fois évoquée. Quant à la question des Dom elle est écartée en trois lignes…

Sur ces deux sujets la CFE-CGC/UNSA entend contester la mise en œuvre du décret devant le Conseil d’Etat. Elle a décidé de faire appel au service du cabinet d’avocat YGMA spécialisé sur ces questions règlementaires.

Au regard de l’importance des frais que cette contestation entraine, elle en appelle aux différents CE des 4 opérateurs mobile (Orange, Free, SFR et Bouygues Télécom) pour la soutenir dans sa démarche.

Un PSE de plus chez un équipementier télécoms

Un communiqué de la CFE-CGC Sagemcom, que nous soutenons totalement dans son combat :

Le 10 février 2011, la direction du groupe Sagemcom, lors d’un Comité Central d’Entreprise suivi d’une information des salariés, annonçait la mise en œuvre de la cession de sa filiale TR2S (ex-Nethouse Services) au groupe Cordon Electronics.

Outre l’amputation d’une partie des forces vives françaises du groupe, cette opération induit le licenciement économique de 25% des effectifs sur le site de Tourcoing, et de plus de 10% sur le site de Dinan, soit près de 60 salariés remerciés sur les 377.

Pour justifier sa décision, la direction invoque principalement la perte, fin 2010, d’un contrat qui devait être conclu avec un grand opérateur, et qui aurait représenté près de 55% du chiffre d’affaires. Ce dernier serait la conséquence du retrait du groupe américain CTDI, actionnaire à hauteur de 49% de la société TR2S.

La CFE-CGC dénonce l’alliance implicite réunissant un client n’hésitant pas à exploiter ses fournisseurs historiques, et l’actionnaire principal du groupe qui ponctionne le moindre euro, au détriment de l’emploi et de l’outil de travail.

La CFE-CGC déplore que les effectifs français du groupe disparaissent peu à peu de manière flagrante. En effet, si cette opération va à son terme, plus de 83% des effectifs de l’entreprise Sagemcom (6.000 salariés) se trouveront hors de France. Pour la CFE-CGC, il faut que cela cesse!

Disons le tout net: la CFE-CGC ne croit pas aux possibilités de reclassement annoncées tant dans les bassins d’emplois concernés, déjà plus que sinistrés, qu’au sein du reste du groupe Sagemcom. La CFE-CGC combattra de toutes ses forces ce nouveau PSE en concertation avec les autres organisations syndicales des sites de Dinan et Tourcoing.

NB: Un PSE, rappelons-le, est un Plan de sauvegarde de l’emploi, autrefois appelé plan social.

Rappelons également que la CFE-CGC/UNSA de France Télécom-Orange s’est récemment émue, à juste titre, des conséquences prévisibles du non renouvellement d’un contrat de SAV, souscrit par France Télécom auprès de Sagemcom.

Liens externes

www.metallurgie-cfecgc.com

Un PSE de plus dans la Métallurgie !

Le 10 février 2011, la direction du groupe Sagemcom, lors d’un Comité

Central d’Entreprise suivi d’une information des salariés, annonçait la

mise en oeuvre de la cession de sa filiale TR2S (Ex Nethouse Services) au

Groupe Cordon Electronics.

Outre l’amputation d’une partie des forces vives françaises du Groupe,

cette opération induit le licenciement économique de 25% des effectifs

sur le site de Tourcoing, et de plus de 10% sur le site de Dinan, soit près

de 60 salariés remerciés sur les 377. Pour justifier sa décision, la

Direction invoque principalement la perte, fin 2010, d’un contrat qui

devait être conclu avec un grand opérateur, et qui aurait représenté

près de 55% du chiffre d’affaires. Ce dernier serait la conséquence du

retrait du groupe américain CTDI, actionnaire à hauteur de 49% de la

société TR2S.

La CFE-CGC dénonce l’alliance implicite réunissant un client n’hésitant

pas à exploiter ses fournisseurs historiques, et l’actionnaire principal du

groupe qui ponctionne le moindre euro, au détriment de l’emploi et de

l’outil de travail.

La CFE-CGC déplore que les effectifs français du groupe disparaissent

peu à peu de manière flagrante. En effet, si cette opération va à son

terme, plus de 83% des effectifs de l’entreprise Sagemcom (6 000

salariés) se trouveront hors de France.

Pour la CFE-CGC, il faut que cela cesse !

Disons le tout net : La CFE-CGC ne croit pas aux possibilités de

reclassement annoncées tant dans les bassins d’emplois concernés, déjà

plus que sinistrés, qu’au sein du reste du groupe Sagemcom.

La CFE-CGC combattra de toutes ses forces ce nouveau PSE en

concertation avec les autres organisations syndicales des sites de Dinan

et Tourcoing.

LOPPSI 2 : La CFE-CGC & l’UNSA Télécoms condamne les dispositions liberticides

Des hommes et femmes politiques de tout bord accusant Internet de tous les maux (« envahi par toutes les mafias du monde » selon une formule célèbre), c’est un grand classique. Mais le projet de loi Loppsi 2, adopté par les parlementaires, est un festival d’incompétence, où au nom du tout-sécuritaire ce texte fourre-tout met à mal des principes fondamentaux, notamment en matère d’Internet, avec le blocage annoncé des sites au nom de la lutte contre la pédo-pornographie.


Nous avions déjà dénoncé ce projet avant qu’il ne soit voté, mais il semble que le “pays des Droits de l’Homme” a définitivement oublié ses valeurs fondamentales…

Rapport sur le déploiement de la fibre: qui le sénateur Maurey prétend-il servir ?

Le sénateur Maurey a remis un rapport sur le déploiement du très haut débit au Premier Ministre le 26 Octobre 2010.

Ses approximations, sa mise en cause des autorités de régulation du marché, et ses propositions de taxes multiples ne constituent en rien une réponse crédible au besoin de financement des nouveaux réseaux.

La CFE-CGC/UNSA a vivement réagi par la voie d’un communiqué publié le 4 novembre, et relayé par L’Expansion le 5.

A lire aussi :

Non à la hausse de la TVA sur le triple play, oui à la création de 25.000 emplois

Face à la hausse de la TVA sur les abonnements Internet + Télévision décidée par le gouvernement français, les organisations syndicales des fournisseurs d’accès à internet (FAI) proposent une solution alternative, qui permet :

  • de faire rentrer les 500 millions d’euros attendus sur la hausse de TVA dans les comptes de la nation, et sans doute davantage si l’on applique le coefficient multiplicateur des économistes keynésiens,
  • de créer 25 000 emplois en France ou en Europe francophone dans le secteur des télécoms,
  • de limiter l’augmentation de l’abonnement triple play à 0,50 euros / mois au lieu des 2 à 3 euros déjà annoncés par les principaux fournisseurs d’accès qui répercuteront la TVA.

Il suffit pour cela d’interdire les délocalisations d’emplois aux entreprises qui exploitent des ressources appartenant au patrimoine national, telles que les fréquences hertziennes des licences de téléphonie mobile, ou encore le service universel de téléphonie actuellement opéré par France Télécom.

Une telle obligation ne crée aucune distorsion de concurrence (alors que la hausse de TVA, qui ne s’appliquera pas à Canal + en crée une vis à vis des FAI qui distribuent des abonnements TV), et ne risque donc pas de se voir recalée par la Commission européenne, ni par l’OMC.

LOPPSI 2 : un projet de loi nuisible et inutile

Sécurité... illusoireImage : B. Tal (Flickr) sous licence CC by-nc

Des hommes et femmes politiques de tout bord accusant Internet de tous les maux (Internet «envahi par toutes les mafias du monde» selon une formule célèbre), c’est un grand classique. Mais le projet de loi Loppsi 2, actuellement examiné au Sénat, est un festival d’incompétence, où au nom du tout-sécuritaire ce texte fourre-tout met à mal des principes fondamentaux, notamment en matière d’Internet, avec le blocage annoncé des sites au nom de la lutte contre la pédo-pornographie.

La censure est-elle digne d’une démocratie?

Filtrer le Web? L’Australie l’a fait. Résultat : des milliers de sites en aucune façon pédophiles ont été abusivement rangés dans les listes noires et rendus inaccessibles.

Techniquement, c’est parfaitement possible: l’exemple sans état d’âme de la Chine le démontre. La France veut-elle s’en inspirer? C’est ce que pointent certains médias: «Les dictateurs en ont rêvé», pendant que la CNIL s’inquiète de nouvelles collectes de données personnelles à l’insu des utilisateurs, sans maîtrise de leur détention et de leur exploitation, ni utilité avérée en terme de lutte contre la criminalité.

Dans un pays qui se réclame des droits de l’Homme, on peut à juste titre s’inquiéter d’une dérive policière, qui considèrerait la confidentialité des échanges privés et la liberté d’expression comme accessoires, et le contrôle de la légalité par un juge indépendant comme une sornette. Ces deux principes ne constituent-ils pas les fondements même de la démocratie?

Filtrer le Web: une mesure contre-productive qui protègerait surtout… les délinquants

Dangereuse sur le principe, la volonté de filtrage d’Internet de la Loppsi 2 pose en outre un réel problème d’efficacité en particulier face à la pédo-pornographie, souvent mise en avant pour justifier le blocage a priori des sites. Loppsi.fr, un site qui suit l’évolution du projet de loi depuis ses débuts s’interroge “Les professionnels du Net s’accordent à dire qu’il n’y a pas de sites ou de photos pédophiles sur le Web […] Alors à quoi bon faire une liste noire des sites pédophiles? Pour protéger qui?”. Des experts légaux et des gendarmes ont démontré que le filtrage était une mauvaise réponse contre la pornographie enfantine.

Changements d’adresse express, reroutages, les contournements sont monnaie courante pour déménager rapidement des contenus illégaux. Filtrer les sites, c’est inefficace. La Loppsi ne vise-t-elle qu’un effet d’affichage? Bloquer un site ne l’empêche pas d’exister (il restera accessible depuis d’autres pays par exemple), alors qu’une action concertée de police pourrait y mettre fin définitivement. Pourquoi ne regarde-t-on pas, plutôt que vers la Chine ou l’Australie, du côté de l’Allemagne, où la lutte à la source semble autrement efficace?

Une charge financière supplémentaire pour les fournisseurs d’accès

Vue des opérateurs, auxquels l’État demandera de bloquer des sites, l’opération suppose des dispositifs techniques, des ressources humaines et du temps, donc de l’argent. Or, on l’a déjà vu avec Hadopi (70 millions d’euros par an pour les FAI), qui n’a rien réglé pour l’indemnisation des FAI. Xavier Niel, le fondateur de Free, a critiqué à juste titre Hadopi, qui transfère aux opérateurs Internet des missions et des coûts qui ne sont pas de leur périmètre légitime d’intervention.

Inefficace contre la cyber-criminalité, la Loppsi 2 serait en revanche d’une toxicité avérée contre la démocratie et le libre fonctionnement d’Internet, tout en créant de dangereux précédents vers une société de surveillance des citoyens. La presse internationale s’est émue depuis plusieurs mois des aspects liberticides du projet de loi français.

C’est pourquoi la CFE-CGC & l’UNSA Télécoms appellent les parlementaires qui examinent la Loppsi 2 à en refuser les dispositions inutilement liberticides, et l’ensemble des citoyens à être particulièrement vigilants. La cyber-criminalité se combat à sa source. Sa réelle disparition du Web ne peut provenir que de sa destruction à la racine. En l’état, voter la Loppsi2, c’est comme jeter une couverture sur un brasier: une illusion temporaire.