Une manière amusante d’évoquer le dernier livre de Dominique Cardon & Antonio A. Casilli : « Qu’est-ce que le Digital Labor ? », dont vous pouvez retrouver des extraits sur INAglobal.
Des chercheurs américains ont fait une découverte qui fait froid dans le dos: il y aurait un « effet de manipulation des moteurs de recherche ». Dans leur étude, ils pointent du doigt l’influence que pourrait avoir l’algorithme de Google sur l’issue de l’élection présidentielle.
Des journalistes dénoncent « 1 000 ans de SMIC (il faudrait avoir travaillé depuis le Moyen-Age pour avoir accumulé pareille somme) pour 10 000 emplois supprimés en deux ans ».
Le Medef s’est dit « choqué » (mais à part « étudier le dossier », n’a spontanément prévu aucune mesure particulière…).
Les décodeurs ont quant à eux calculé que la prime représente 218 années de salaire moyen chez Alcatel Lucent (lequel salaire moyen est donc à peu près 5 fois le SMIC si tout le monde suit bien).
La CFE-CGC Alcatel-Lucent dénonce que le redressement de l’entreprise « s’est fait au prix d’un plan social d’une violence sans précédent ».
Emmanuel Macron, qui en mai félicitait Michel Combes pour son nouveau poste chez Altice (selon Challenges), a finalement « souhaité que le Haut Comité sur le gouvernement d’entreprise (HCGE) et l’Autorité des marchés financiers rendent des avis sur les conditions de son départ et qu’Alcatel-Lucent puisse en tirer les conséquences » et « a manifesté son mécontentement à propos de la décision de Michel Combes de quitter Alcatel-Lucent avant même la finalisation du rapprochement du groupe avec le finlandais Nokia » (propos recueillis auprès de l’entourage du Ministre dans une dépêche Reuters).
Globalement, tout le monde s’accorde sur le fait que l’attribution de ce parachute doré est quelque peu tirée par les cheveux, qu’il s’agisse du montant, de la pertinence, des modalités de calcul, ou du timing d’amendement des clauses de l’indemnité de départ de Michel Combes, qui quitte Alcatel-Lucent de son plein gré rappelons-le.
Pour le moment, tout le monde s’insurge, mais nul ne sait comment se finira l’histoire…
Faut-il ajouter un peu d’huile sur le feu ?
Chez France Télécom-Orange, on connaît aussi Michel Combes, qui fut notamment Directeur financier sous la présidence de Thierry Breton, avant d’être remercié par Didier Lombard en 2006.
Et si son parcours dans les télécoms retracé par Le Figaro rapporte le témoignage positif d’un ancien collaborateur : «Michel Combes a laissé un très bon souvenir à tous ceux qui ont travaillé avec lui, chez France Telecom», une petite plongée dans les archives de BFM Business révèle un portrait moins flatteur.
Partout où il est passé pour « redresser » les entreprises, il l’a fait avec une grande brutalité en matière de suppressions de postes, avec pour préoccupation essentielle le redressement financier à court terme par la réduction des coûts ou des « ficelles » financières qui améliorent certains ratios mais entravent la capacité d’investissement de l’entreprise, comme le rachat d’actions. Si une telle politique peut en effet satisfaire les actionnaires, pour lesquels le rendement financier s’améliore quasi instantanément, et faire remonter le cours de l’action, l’efficacité économique de long terme (pérennisation et développement de l’entreprise, de son CA et de ses positions sur le marché, préservation et développement de l’emploi…) est nettement plus douteuse.
Pour sa part, la CFE-CGC Orange s’interroge sur le bénéfice collectif de ces politiques financières d’écrémage qui permettent à une poignée de dirigeants et d’investisseurs de capter la richesse, tandis que le chômage continue de croître et que l’ancienne belle place mondiale des acteurs français de la filière des télécoms n’est plus qu’un lointain souvenir…
(à mettre en lien avec les propos de Joseph Stiglitz, cité dans notre précédent billet…)
Depuis son lancement à la fin juillet, Windows 10 suscite la polémique au sujet du respect de la vie privée. Malgré les critiques, les responsables de Microsoft France se veulent rassurants, tout en rappelant que la société ne peut se passer des données pour déployer des services innovants.
La croissance américaine n’est qu’un feu de paille, estime le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, dans une interview à La Tribune. L’immense majorité des américains, dont les revenus stagnent, ne peuvent éternellement consommer à crédit. Le risque existe de tensions sociales grandissantes. Contre les inégalités, il faudrait limiter le pouvoir de la finance et redonner une capacité de négociation aux syndicats. Tout en revoyant un système fiscal qui encourage la spéculation
NDLR : les analyses de Stiglitz, prix Nobel d’économie et ancien économiste du FMI, sont toujours très intéressantes pour pondérer la rumeur des marchés comme les analyses économiques qui se prétendent techniquement neutres, mais qui ont intégré dans leur ADN l’idéologie libérale… A lire donc pour prendre du recul.
Son fondateur, Sébastien Caron, a su identifier les faiblesses de Google Maps, Foursquare et Citymaps pour proposer une appli qui permet de géolocaliser ses lieux préférés de manière simple et intuitive sur une carte interactive. Mapstr a séduit 50.000 utilisateurs en un mois et vient de lever 800.000 dollars (690.000 euros) auprès de business angels.
Et si un petit poucet français nommé Mapstr détrônait les applications reines de la géolocalisation comme Foursquare et Citymaps? C’est encore un doux rêve pour la startup parisienne dirigée par un polytechnicien de 35 ans, Sébastien Caron. D’autant plus qu’avec la démocratisation des smartphones, on ne compte plus les services qui fonctionnent grâce à la géolocalisation. Pourtant, Mapstr, lancée le 16 juillet dernier, a tout de la bonne idée que tout le monde attendait sans le savoir.
L’application est un mariage improbable mais heureux entre le service de géolocalisation Google Maps, un bloc-note et un répertoire numérique. Elle permet d’enregistrer ses lieux favoris sur une carte interactive, puis de les organiser avec des mots-clés. D’un touché de doigt, chacun peut inscrire ses restaurants fétiches, ses boutiques préférées, des musées à visiter, les adresses de ses amis ou ses futurs points de chute lors d’un week-end à l’étranger, et les retrouver à tout moment.
NDLR : un outil sans doute intéressant à tester pour se faire sa propre idée de son utilité. En revanche, je suis un peu refroidie quand je lis que l’entrepreneur a pour objectif in fine de vendre son application à Google…
Il est de tradition de proposer des « lectures de vacances »… mais à l’ère numérique, un « podcast de vacances » est aussi indiqué, non ?
Cet été, Nicolas Demorand vous propose, chaque dimanche à 13h20, l’émission « Homo numéricus », qui fait le point sur différents enjeux de la numérisation avec d’intéressants invités. Il a démarré avec Dominique Cardon, que nous connaissons bien :
Parmi les révisions de l’été que nous proposent moult sites, voici une vidéo intéressante sur les aspirations de la génération Z. Dans leur quête de sens et l’attente d’entreprises plus humaines et qui les accueille mieux, nul doute que leurs aspirations sont partagées par grand nombre de salariés de tous âges.
Vous pouvez retrouver l’étude complète sur le site de BNP Paribas, partenaire de The Boson Project pour ces travaux.
Habitué des tribunaux, Uber joue encore plus gros que d’habitude. Jeudi 6 août, à San Francisco, la société américaine de transport urbain va tenter d’obtenir l’annulation d’une class action (action en nom collectif) qui pourrait remettre en cause son modèle économique. La procédure porte sur le statut de travailleurs indépendants de ses chauffeurs. Les plaignants estiment qu’ils auraient dû bénéficier du statut de salariés, avec toutes les obligations que cela implique pour leur employeur.
Dans la Silicon Valley, le recours à cette main-d’œuvre est au cœur de tout un pan de la révolution numérique : l’économie à la demande, aussi surnommée l’économie des petits boulots. Comme Uber, nombre de start-up se sont lancées en limitant les embauches. Elles ont levé des dizaines, voire des centaines de millions de dollars sur la promesse de collaborateurs à bas coûts et extrêmement flexibles.
On les connaît sous l’appellation de « travailleurs 1099 », en référence au formulaire fiscal qu’ils doivent remplir. Ils s’improvisent chauffeurs de taxis, arpentent les allées des supermarchés, font le ménage à domicile ou livrent achats et repas. Ils ne perçoivent pas de salaire fixe mais sont rémunérés à la tâche. Et ils ne bénéficient d’aucun avantage social. Ni assurance santé, ni retraite, ni chômage, ni congés payés…
Lire la suite dans Le Monde (article complet réservé aux abonnés)
Ce que l’on peut en retenir, c’est que de nombreuses start-up sont actuellement confrontées à ce problème juridique : le lien qu’elles établissent avec les collaborateurs qui fournissent le service est régulièrement requalifié par les tribunaux, et contraignent les entreprises à les embaucher comme salariés.
La remise en cause du salariat, dont les médias nous rebattent les oreilles ces temps-ci (sous l’amicale pression du Medef et consorts ?), pourrait donc bien se heurter à un mur juridique ! D’autant qu’en France, le projet de loi « Justice du 21ème siècle« , qui vient d’être validé par le Conseil des Ministres, intègre des dispositions permettant des actions de groupe en matière de lutte contre les discriminations. Les « exclus du salariat » disposeront donc sans doute d’une arme juridique supplémentaire. (voir aussi l’article de Libération)
L’Arcep vient de publier son observatoire des services mobiles, dont les résultats, tant quantitatifs que qualitatifs, consacrent l’opérateur historique pour ses réseaux mobiles.
Le moteur de recherche ne veut pas étendre le droit à l’oubli à l’extension .com
Google a décidé d’envoyer bouler la Cnil. Le moteur de recherche a déclaré jeudi refuser d’étendre le droit à l’oubli à l’extension .com, comme l’autorité en charge de la protection de la vie privée et des libertés en ligne le lui avait demandé en juin dernier. La Cnil avait mis en demeure le géant californien, en lui reprochant de limiter le déréférencement aux extensions européennes du moteur de recherche – google.fr, .uk, .de…
Une première version du projet de loi a fuité dans la presse… Le projet contient notamment des éléments concernant les données personnelles…
Protection des données personnelles
Portabilité des données personnelles
Plusieurs articles prévoient la possibilité de copier des données personnelles des clients collectées par les sites de service en ligne lors de transactions ou d’inscriptions. A chaque fois qu’un internaute donne son identité pour acheter un billet d’avion ou s’inscrit sur un forum, il pourra recevoir, sous format électronique, une copie des informations enregistrées par le site.
Possibilité de mener des « class actions »
Les internautes pourront se regrouper à travers des associations de consommateurs, et saisir la justice lorsqu’ils s’estiment victimes de litiges liés à leurs données personnelles.
Un « testament numérique »
Fini, les pages des réseaux sociaux transformées en pierres tombales : le projet de loi prévoit que chaque internaute puisse laisser à un proche des directives sur l’avenir de ses données numériques en cas de décès. La personne désignée pourra ensuite contacter les réseaux sociaux et sites marchands pour demander l’effacement des données personnelles.
Google Maps vient de se doter, mardi, d’une nouvelle fonctionnalité. Avec «Votre Timeline», les utilisateurs pourront désormais visualiser leurs moindres déplacements.